Jardin au naturel, demandez conseil dans vos jardineries

Sur le bassin Rhin-Meuse, elles sont 72 à avoir signé une charte d’engagement. Cette initiative est un des volets de la démarche plus globale de valorisation des solutions sans pesticides aussi bien dans les villes et villages que dans les jardins. L’agence de l’eau est un des partenaires.

Les chartes existent depuis 2009 en Champagne-Ardenne, 2010 en Alsace et 2011 en Lorraine. L’objectif est de pouvoir dispenser par l’intermédiaire de professionnels, un conseil au particulier (le jardinier amateur) sur les dangers des produits phytosanitaires mais aussi sur les techniques alternatives pour éviter leur usage. En France, en 2012, environ 4 500 tonnes de pesticides ont été répandues dans les jardins ou les potagers (source : Union des entreprises pour la protection des jardins et des espaces verts) avec une incidence sur la pollution des sols et des eaux.

En signant cette charte, les enseignes s’engagent à participer à une session de formation sur la thématique du jardinage au naturel, de décliner en magasins les supports de communication (totem, affiche…) qui visent à promouvoir des techniques naturelles de jardinage et d’apporter à chaque client  demandeur d’un conseil sur les produits phytosanitaires, une information sur les risques (santé et environnement) et sur les solutions sans pesticides pouvant être mises en œuvre. La finalité est bien une prise de conscience et un changement de pratiques d’autant plus importants que la vente des pesticides sera interdite aux particuliers à compter de 2022 (projet de loi Labbé).
Pour évaluer la bonne marche du dispositif et plus particulièrement l'implication des signataires dans la promotion des techniques alternatives, des enquêtes mystère sont régulièrement réalisées auprès des jardineries. En 2013, en Alsace et en Champagne-Ardenne une centaine de points de vente ont ainsi été audités. Les principaux enseignements : les vendeurs se montrent moins réticents à donner des conseils alternatifs aux produits phytosanitaires. Une amélioration de la disposition des produits naturels dans les rayonnages est également constatée. Depuis 2011, des enquêtes mystères ont également eu lieu en Alsace afin d’appréhender l’efficacité de la charte et l’implication de ses signataires dans la promotion des techniques alternatives.

En 2014, la fédération régionale de lutte contre les organismes nuisibles (Fredon) Champagne-Ardenne et Lorraine et les missions d’animation « eau » d’Alsace, en charge du développement de la charte des jardineries, vont poursuivre leur travail de sensibilisation. Une dizaine de points de ventes supplémentaires devraient être labellisés.

Le trophée des jardineries

Pour la première fois en Lorraine, le trophée des jardineries a été remis le 5 mars dernier. Cette distinction récompense les magasins pour leur investissement dans la promotion du jardinage naturel auprès de leurs clients. Les critères pris en compte : mise en place des supports de communication, mise en place d’un rayon comprenant la vente de prairie fleurie et d’engrais verts, proposition à la vente d’un récupérateur d’eau et/ou d’un composteur, mise en évidence des échantillons de paillage.
Les lauréats, parmi les 24 signataires de la charte, sont VillaVerde de Folschviller (1er), Gamm Vert de Thionville et Point Vert de Pont-à-Mousson (2e ex aequo).

Pour connaître les jardineries signataires


Les jardineries vous conseillent au naturel

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Les jardineries vous conseillent au naturel

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Le jardinage, phénomène de société

Selon la dernière enquête UPJ/CSA UPJ (Union des Entreprises pour la Protection des Jardins et des espaces verts / CSA : Conseils-Sondages-Analyses sur les français) et leur potager / verger, 63 % des français possèdent un jardin et 42 % un potager ou un verger. Cette enquête a notamment montré que :
  • la culture des potagers / vergers est un passe-temps de plus en plus apprécié puisqu’un quart de ces espaces a moins de 5 ans ;
  • près de deux détenteurs sur trois y consacrent au moins une demi-journée par semaine et 35 % au minimum deux heures hebdomadaires ;
  • les détenteurs de potagers et de vergers ont plus confiance en leurs propres fruits et légumes qu’en ceux du commerce, tant en matière de sécurité alimentaire que de goût ;
  • plus de la moitié ont placé des nichoirs pour les oiseaux et se disent sensibles à la protection de la faune ;
  • 31 % utilisent des insecticides, 29 % des désherbants et 20 % des fongicides ;
  • moins du quart des possesseurs de jardins interrogés utilisent des produits de traitement biologiques ;
  • 35 % se renseignent auprès de leurs conseillers en magasins.