Performances des réseaux d’eau potable : un premier état des lieux pour le bassin Rhin-Meuse

Ces informations sont utiles pour une bonne connaissance du patrimoine et pour élaborer des stratégies (lutte contre les fuites) en particulier dans le cadre du prochain programme d’intervention de l’agence de l’eau (2019-2024).

Enjeu  de politique nationale et priorité du programme d’intervention actuel de l’agence de l’eau Rhin-Meuse, la lutte contre les fuites sur les réseaux d’eau potable requiert d’identifier les collectivités et les services les plus en difficultés afin de leur apporter l’aide, les conseils et l’accompagnement nécessaires pour favoriser la mise en place d’actions concrètes pour améliorer le rendement de leur réseau. C’est dans ce contexte que l’agence de l’eau Rhin-Meuse, les canalisateurs Grand Est et la cellule économique régionale de la construction Grand Est (CERC) ont réalisé un état des lieux des réseaux d’eau potable en collaboration avec les services de l’agence française pour la biodiversité et les directions départementales des territoires.


Un rendement moyen légèrement supérieur à la moyenne nationale

Le rendement des réseaux d’eau potable estimé sur le bassin Rhin-Meuse est de 81% contre 79,1% au niveau français. Les fuites d’eau sont estimées à 90 millions de m3 soit
la consommation de 562 000 foyers. Les performances varient selon le critère d’urbanisation. Les collectivités urbaines et intermédiaires ont un meilleur rendement que les rurales (73,4 % en milieu rural et 86 % en milieu urbain).

On constate des pertes linéaires beaucoup plus élevées dans les services « urbains » que dans les services « ruraux », étant donné la forte densité des branchements en milieu urbain.  L’étude met en évidence  également des disparités territoriales.

266 millions d’euros de travaux

Les auteurs de l’étude estiment que sur les 3 prochaines années les travaux de renouvellement sur le bassin Rhin-Meuse se traduisent par 1 669 kilomètres de linéaire de réseaux, 266 millions d’euros pour les travaux de remplacement des conduites et un taux de renouvellement estimé à 1,1 % en moyenne par an.

L’étude montre que les collectivités prennent conscience de la nécessité d’une bonne gestion patrimoniale pour pallier aux fuites. Dans les années à venir, les investissements et l’implication des services d’eau devraient s’accroître. Néanmoins les attentes en termes d’accompagnement et de financement, notamment par l’agence de l’eau sont grandes et les besoins sont différents en fonction des territoires mais aussi des services.

Il semble nécessaire, pour les acteurs de l’eau, de prioriser leurs actions d’aides et de communication (information, sensibilisation, formation et animation) sur les opérations de sécurisation de l’approvisionnement en eau potable et de lutte contre les fuites dans les réseaux afin de protéger durablement cette ressource essentielle.

Ces sujets sont d’ores et déjà au cœur des discussions des réunions de préparation des Assises nationales de l’eau qui se dérouleront à la mi-juillet.

Un recueil des données par deux procédés

L’année de référence choisie a été l’exercice 2015 et la méthodologie choisie pour la réalisation de cette étude statistique a reposé sur :

- l’exploitation de la base de données SISPEA (système d’information sur les services publics de l’eau et de l’assainissement) gérée par l’agence française pour  la biodiversité et par les directions départementales des territoires. Depuis 2009, tout  service ayant la compétence eau potable et/ou l’assainissement est dans l’obligation de renseigner cette base de données,

- la réalisation d’une enquête  de décembre 2016 à avril 2017 auprès des services d’eau connus à cette date sur le bassin Rhin-Meuse, soit 1 293.
668 réponses ont été reçues, couvrant ainsi 53% du nombre total de services d’eau et 62% de la population desservie.