Retours d’expérience dans des quartiers prioritaires de la politique de la ville

Et si on s’inspirait de ce qui s’est déjà fait ?

Plateau de Haye (54)

Une métamorphose spectaculaire d’un quartier prioritaire

A l’échelle du bassin Rhin-Meuse, c’est probablement sur le Plateau de Haye de l’agglomération nancéenne que se situe l’une des opérations les plus emblématique et ambitieuse de rénovation urbaine menée en France.

Accompagné financièrement par l’Agence de l’eau Rhin-Meuse dès 2010 au titre de la gestion alternative des eaux pluviales, technique encore très avant-gardiste à l’époque, ce programme global, visant la reconnexion du quartier avec le centre de Nancy situé en contre-bas, a été récompensé depuis au titre du Grand Prix national des écoQuartiers décerné par le ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie en 2011 et du Prix de l’Aménagement urbain dans la catégorie "Grandes villes et territoires métropolitains" décerné par le Groupe Moniteur en 2012.

Le projet de rénovation urbaine du Plateau de Haye s’est appuyé sur le concept de la ville et de la forêt. Ainsi, l’aménagement de noues plantées a pleinement participé à l’évolution de l’identité du lieu. Par ailleurs, cette technique alternative fait partie intégrante du cycle de l’eau du quartier et a permis de sécuriser des espaces piétonniers. Sur les anciennes carrières (extension urbaine du projet d’ensemble), en amont, les eaux sont retenues sur des toitures végétalisées ou plantées. Elles s’écoulent par des descentes en façade et sont stockées pour arroser les jardins. Puis, elles sont canalisées vers les fossés de part et d’autre des rues, de chaque îlot et le long du parc forestier du Plateau vers l’exutoire terminal constitué par les grands fossés du centre pénitentiaire.

Sur le reste du quartier, le rejet des eaux de pluie dans le réseau existant est limité en aménageant, dès que possible, des fossés d’infiltration le long des voiries et des stationnements.

« Un gage de réussite dans ce type de projet de rénovation urbaine, selon Yannis Mettauer, chef de projet rénovation urbaine au Grand Nancy, est de configurer le dispositif alternatif de gestion de l’eau à l’échelle du quartier dans son intégralité et en amont des phases opérationnelles, de façon à ce qu’il devienne un élément constitutif de la trame urbaine »

Soucieux de mesurer l’impact du projet, en 2017, la Métropole du Grand Nancy a confié à un groupement de bureaux d’études spécialisés dans la biodiversité une étude d’impact des dispositifs de gestions des eaux pluviales sur la biodiversité. Sur cette base un partenariat recherche-action entre la Métropole et le CEREMA Est a été lancé en 2018 pour la définition d’un guide opérationnel pour la « Gestion Intégrée de l’Eau en Milieu Urbain ».

En l’espace d’une décennie, le Plateau s’est aéré, par des démolitions spectaculaires. Il a verdi, à grand renfort de plantations et de jardins. Le cadre de vie et l’environnement de ses habitants s’en est vu grandement transformé et amélioré. Le site du plateau de Haye, étendu sur plusieurs communes, a été reconnu d’intérêt national au titre du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU) qui court jusqu’en 2024, et fera donc l’objet de nouveaux aménagements importants dans les années à venir. La métamorphose se poursuit !


          Plateau de Haye quelques exemples Avant/Après

Copyright Métropole du Grand Nancy

Les Mureaux (78)

L’eau comme fil rouge d’un projet ambitieux de rénovation urbaine

Le projet de rénovation urbaine a démarré en 2006 et  porte sur six quartiers sensibles des Mureaux. Il concerne 15 000 habitants sur une surface de 70 ha dont 25 ha d’espaces publics. L’objectif était de désenclaver les quartiers sensibles, améliorer le cadre de vie des habitants en mettant en place une trame verte.

Pour répondre au besoin de la population d’accéder à plus de nature, d’arbres et d’espaces verts, la trame verte mise en place repose sur un grand parc paysager central, le parc Molière, traversé par le ru d’Orgeval remis à ciel ouvert. La promenade aménagée le long du cours d’eau ouverte à tous, les aménagements sportifs, les aires de jeux, et les jardins collectifs permettent des activités pour tous et sont des lieux de rencontres et de partages.

Le renouvellement urbain où les chaussées et autres infrastructures allaient être reconstruites, a été l’occasion, sous l’impulsion du bureau d’études Infra Services, de « changer les habitudes sur la gestion des eaux pluviales et de proposer une gestion alternative de l’eau de pluie » comme l’explique son gérant Michel Benard. Il propose la mise en place d’une gestion intégrée des eaux pluviales basée sur l’infiltration naturelle et la gestion à la parcelle. Une boite à outils avec plusieurs dispositifs d’infiltration des eaux pluviales a été ainsi définie (toitures végétalisées, noues, fosses d’arbres, pelouses, bandes paysagères…).

Labellisé Ecoquartier en décembre 2017, la zone sensible des Mureaux s’est transformée en un « village » agréable à vivre aux dires de ses habitants.

À voir


Témoignages de plusieurs acteurs sur le projet du parc Molière


A voir

Interview de Michel Carrière,
adjoint chargé à l'environnement, Ville Les Mureaux
"J’ai un fort message sur l’écologie qui me parait la seule et unique voie
pour les temps à venir"

Ecoquartier du Val Fourré à Mantes la Jolie (78)

Au fil de l’eau et au cœur du Val Fourré


Le renouvellement urbain du Val Fourré est un projet qui a débuté dans les années 1990. La partie Nord du quartier a été labellisée Ecoquartier en 2015. Un des enjeux majeurs du projet était de désenclaver le quartier tant dans sa forme que dans sa trame urbaine. Pour y parvenir, outre les démolitions de barres d’immeubles, des réaménagements en cœur d’ilots et agrémentés d’espaces végétalisés, des cheminements piétonniers ont été privilégiés.

La désimperméabilisation des espaces publics était une volonté forte pour ce projet ; l’objectif étant de favoriser l’infiltration et l’évapotranspiration des eaux pluviales limitant ainsi les rejets d’eaux pluviales dans le réseau et par conséquent les risques d’inondations. Pour remplir cet objectif, le choix s’est porté sur les bassins écologiques, l’avantage étant de filtrer et stocker l’eau. Ainsi l’eau pluviale est acheminée à travers ces 3 bassins équipés de roseaux avant de rejoindre les nappes phréatiques. De plus, ces bassins peuvent aussi se reconvertir en parcs une fois secs en été.

En plus de ces aménagements spécifiques, plusieurs autres actions ont été réalisées comme la création d’un parking paysagé composé d’un jeu de dénivelé avec une trame plantée, l’implantation de gazon sur les places de stationnement libre ou encore des noues d’infiltrations.

Parking paysagé @Ville de Mantes-la-Jolie Alexandre Sas

Aujourd’hui, Mantes-la-Jolie, dans le cadre du Programme d’Investissements d’Avenir (PIA) est lauréate de l’Appel à Manifestation d’Intérêt « Ville et territoires durables ».

Mélissandre Bourgeois, chargée de projet de développement et renouvellement urbain à l’EPAMSA (Etablissement Public d’Aménagement du Mantois Seine Aval) porteur du projet avec la ville et l’agglomération, parle « d’un souhait fort d’orienter les efforts sur la thématique eau ».

Une approche globale allant de la gestion des eaux de pluie à la consommation de l’eau potable est envisagée et repose sur plusieurs leviers d’actions : déploiement de bassins écologiques dans les espaces publics, réutilisation des eaux de pluie dans l’habitat collectif et public, équipement des logements avec des dispositifs connectés pour contrôler en continu et à distance la distribution et la consommation d’eau, accompagnement des habitants pour les aider à réduire leur consommation.