Le Comité de bassin consolide son lien avec les acteurs du massif vosgien

Garant de la mise en œuvre d’une politique de l’eau équilibrée et responsable répondant à des objectifs environnementaux ambitieux, le Comité de bassin a réaffirmé sa volonté de voir aboutir des dossiers stratégiques pour le bassin Rhin-Meuse.
  Auteur AERM/F. Chaffarod

La gestion des ressources en eau du massif vosgien compte parmi ces priorités. Suite à l’engagement qu’il avait pris lors de sa séance du 6 décembre dernier, le Comité de bassin a poursuivi ses réflexions en présence de Messieurs Olivier Braud, commissaire de massif, Michaël Weber, président du parc des Vosges du Nord et Laurent Seguin, président du parc des Ballons des Vosges.
Ces acteurs majeurs du territoire ont confirmé que la prise de conscience quant à la vulnérabilité du secteur vis-à-vis des ressources en eau et des milieux aquatiques, de plus à forte densité (600 000 personnes), est réelle. Il s’agit d’un marqueur fort et positif pour la poursuite de la dynamique ; les acteurs locaux s’orientant vers un scénario de développement durable global où l’eau dans toutes ses composantes (rivières, lacs, tourbières) jouera un rôle fondamental.
Cette implication et cette énergie pour développer des solutions innovantes ont reçu un accueil enthousiaste des membres du Comité de bassin.
Le président, Claude Gaillard, a confirmé que le Conseil scientifique du Comité de bassin apportera son expertise pour poser un diagnostic du territoire (tant en qualité qu’en quantité) et en s’intéressant aux enjeux dits « déportés » (débit minimum pour le refroidissement de Cattenom en Moselle, alimentation en eau  potable de  collectivités locales…). En parallèle, des contractualisations sont en cours de réflexion pour  poser les bases d’un partenariat technique et financier pluriannuel facilitant le passage à l’action.

Un autre secteur des Vosges a été au cœur des discussions, celui de la nappe des Grès du Trias inférieur (secteur de Vittel). Après avoir proposé une solution alternative pour permettre la reconstitution quantitative des eaux souterraines, après l’établissement d’un projet protocole par les principales parties prenantes, mais pas encore signé, aucune avancée n’a été constatée.  

« Cette situation n’est pas acceptable a déclaré le président Claude Gaillard. Une solution a été trouvée. Elle fixe des échéances et des engagements.  Elle est bénéfique pour le territoire. Si un dénouement positif n’est pas acté à moyen terme*, cela pourrait remettre en cause le contenu du plan de gestion des eaux (SDAGE) et le montant des aides financières dont pourraient bénéficier les collectivités du secteur. Le Comité de bassin et l’agence de l’eau Rhin-Meuse ont été facilitateurs. Nous attendons désormais des actes. »

 

Sur la question de la continuité écologique du Rhin (lire par ailleurs) et de l’engagement de la France à construire les 3 dernières passes à poissons sur le fleuve, les membres du Comité de bassin ont exprimé leur crainte quant à leur financement. « Le programme d’intervention de l’agence de l’eau Rhin-Meuse ne peut être la variable d’ajustement. Nous avons pris des engagements vis-à-vis des acteurs du territoire qui financent la politique de l’eau pour mettre en œuvre le programme d’intervention, qui comprend la réalisation du plan Rhin vivant mais pas ces ouvrages de franchissement piscicole très coûteux (160 M€). Si les instances de bassin sont bien évidemment solidaires des arbitrages nationaux, la discussion qui va débuter doit permettre de trouver une sortie acceptable pour les usagers du bassin Rhin-Meuse. Faisons preuve de créativité ! ».

 

En début de séance, les membres du Comité de bassin ont été tenus informés de l’avancée du futur plan de gestion des eaux qu’ils devraient approuver fin 2021. Ce document de planification pour les années 2022-2027 projette un bon état écologique pour 40 à 50% des masses d’eau (tout ou partie d’un cours d’eau) soit environ 20 points de plus que la situation actuelle.
Le travail ayant conduit à définir cette trajectoire et les enjeux à traiter, a été mené dans des commissions présidées par des membres du Comité de bassin, mêlant experts et décideurs. Aucun dissensus n’a été relevé.
L’ensemble des dispositions doivent désormais être mises en cohérence, relues avant présentation pour validation par le Comité de bassin et proposées ensuite à consultation.

  

* les délais annoncés peuvent être impactés par la crise sanitaire actuelle et les conséquences en découlant.