La pollution d’origine agricole

Enjeux et données

Les nitrates

La pollution par les nitrates est due à la différence entre les apports en nitrates sous forme d’engrais et de matières organiques, et ce qui est réellement consommé par les plantes. Il s’agit d’un problème complexe, car les surplus d'azote (excédents) sont entraînés en partie dans l’eau sous forme de nitrates et en partie stockés temporairement par le sol, jusqu’à ce que ce dernier libère à nouveau les nitrates. C’est une sorte de processus de pollution qui agit à retardement.

La pression de pollution par les nitrates est donc liée aux excédents d'azote présents dans les sols (différence entre apports d’azote et exports par les cultures). Cette pression est assez forte et inégalement répartie dans le bassin : un tiers environ de la superficie du bassin présente une forte exposition des eaux souterraines aux pressions par les nitrates. L’Alsace (bassin du Rhin supérieur) est le secteur le plus exposé.

Depuis plus d’une décennie, les actions se sont multipliées pour tenter de lutter « à grande échelle » contre la pollution par les nitrates et réduire leur impact sur les milieux naturels.

Les effets sur la qualité des eaux naturelles sont variables, car ils dépendent de multiples paramètres (climat, sols, rendement…). Les actions conduites visent à ajuster les doses d'azote apportées et à limiter les pertes de nitrates par infiltration et ruissellement.

Globalement, la qualité des eaux se stabilise, ce qui traduit à la fois des améliorations et des dégradations locales.

Les approches locales de type agri-mieux sur les secteurs les plus dégradés montrent leur intérêt, en complément des approches réglementaires plus globales. Les nouvelles mesures adoptées dans les « plans d’actions directive nitrates » (couverture des sols en période de risque de lessivage) et locales (agri-mieux, actions dans aires d’alimentation de captages) renforcent l’action.

L’évolution des excédents d'azote, présentée dans les graphiques (toutes surfaces agricoles), fait apparaître un excédent moyen dans le bassin de l’ordre de 30 kg d’azote par hectare, plus élevé en Lorraine qu’en Alsace où il est de 25 kg.

Dans les zones agri-mieux, sur environ 320 000 ha de cultures (correspondant à plus de 500 000 ha de surfaces agricoles, soit 1/6 de la superficie totale du bassin Rhin- Meuse), où les problèmes de pollutions diffuses par les nitrates sont les plus importants, l’excédent d’azote par hectare a diminué de 2 à 8% par an depuis 10 à 15 ans, soit des réductions globales de 10 à 97% selon les opérations.

Les répercussions des excédents d’azote sont très différentes en terme de pollution du milieu naturel par les nitrates. De faibles reliquats peuvent maintenir une dégradation importante (Haut-Saintois et Piémont vosgien) alors que, sur des secteurs moins sensibles, des reliquats plus importants peuvent avoir des effets limités.

Les valeurs que l’on calcule avec des moyennes peuvent masquer des pratiques individuelles locales très mauvaises et susceptibles à elles seules de pouvoir dégrader une ressource en eau.

Les pesticides

Les eaux souterraines sont particulièrement exposées aux pressions par les pesticides : de 20 à 40% de la superficie, selon les bassins présentent une forte exposition, l’Alsace (bassin du Rhin supérieur) étant le secteur le plus concerné.

L’utilisation de produits phytosanitaires est toujours importante : la vente de produits de synthèse se maintient à un niveau élevé.

Un nombre limité de cultures (céréales, maïs, colza et vigne), qui occupent moins de 40% de la Surface Agricole Utile (SAU), consomment à elles seules près de 80% des pesticides commercialisés chaque année. La vente de produits de synthèse, contrairement à celle du cuivre et du soufre, ne semble pas connaître de recul net au cours des dernières années, notamment au cours des années 2007 et 2008, marquées par une augmentation des surfaces cultivées consécutive à la remise en culture des jachères.

Lutte contre la pollution par les pesticides : diversité de produits et craintes vis-à-vis des nouvelles substances actives.

La réduction de la pollution se heurte à la difficulté liée à la diversité de produits et de substances dont les effets sont difficiles à évaluer. On compte environ 520 matières actives homologuées entrant dans la composition de près de 3 000 spécialités commerciales utilisées en agriculture. Sur 33 substances prioritaires identifiées par la directive cadre sur l’eau, un tiers sont des pesticides.

De nombreuses molécules ont été retirées du marché au cours des dernières années.
Les produits apparaissant sur le marché au début du XXIème siècle, réputés moins persistants que leurs prédécesseurs, sont souvent bien plus actifs à des doses parfois bien plus faibles. Ils sont donc susceptibles de poser problème à des concentrations inférieures aux normes actuellement retenues pour l’état des eaux et l’eau potable.

L'agriculture biologique

Le programme de l’agence de l’eau Rhin-Meuse lutte contre les pollutions diffuses de toutes origines dont l’origine agricole. Malgré l’amélioration concrète des pratiques culturales des agriculteurs sur un certain nombre de secteurs à enjeux, les résultats obtenus sur la qualité de l’eau ne sont pas à la hauteur des objectifs pour l’atteinte du bon état des eaux.

La détection de pesticides dans les eaux est généralisée et plus de 10 % des captages sont contaminés. L’agence de l’eau souhaite accompagner le développement de l’agriculture biologique sur les territoires prioritaires du bassin Rhin-Meuse, à côté et en complément de l’ensemble des autres leviers existants. Les objectifs en terme de surfaces converties en agriculture biologique sont de 20% en zones dégradées, 6% en zones non dégradées et 33% sur les captages.

Les aides de l’agence de l’eau en matière d’agriculture biologique concernent essentiellement l’animation et sont ciblées sur les territoires les plus vulnérables, au premier rang desquels se trouvent les aires d’alimentation des captages pour l’eau potable ou les zones particulièrement dégradées. Les aides sont également orientées autour d’actions précises permettant de contribuer à la restauration de la qualité des ressources en eau. L’accompagnement financier pour la conversion à l’agriculture biologique se fait à travers le programme de développement rural hexagonal qui fixe les règles de financement de façon coordonnée avec des aides de la Communauté Européenne et de l’État.

Les aides de l'agence de l'eau

Actions de lutte contre les pollutions d'origine agricole et assimilée

Dans le cadre de son 10ème programme d’intervention, l’agence de l’eau Rhin-Meuse soutient les projets de nombreux partenaires (collectivités, industriels et artisans, agriculteurs, associations) ciblés sur les priorités de l’eau et des milieux aquatiques, et qui sont nécessaires à l’atteinte des objectifs environnementaux fixés dans le plan de gestion des eaux du bassin Rhin-Meuse.

L’agence de l’eau, partenaire d’actions


Les guides techniques

Les bilans

Les bilans des réseaux du bassin Rhin-Meuse

A lire / A écouter