Comment intervenir en faveur des zones humides sur le bassin Rhin-Meuse ?
Qu’est-ce qu’une zone humide ?
Au sens de la loi sur l’eau de 1992, les zones humides sont définies comme suit : « on entend par zones humides les terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année ». Ainsi, tout terrain humide à marécageux qui présente de l’eau libre (mares, étangs) ou pas (marais, prairies humides) peut être qualifié de zone humide. |
|
Etangs, tourbières, forêts humides, prairies inondées, marais, mares, dépressions humides temporaires, tous constituent donc des zones humides, avec une très grande diversité en terme de surface, de fréquence et de durée de submersion, mais aussi d’ « organisation » (zones humides ponctuelles et localisées, ou milieux humides en mosaïque avec d’autres habitats). |
Pourquoi intervenir sur les zones humides ?
Les zones humides ont clairement été identifiées depuis des décennies comme des zones naturelles d’intérêt majeur dans le cycle de l’eau. Grâce à leur fonctionnement naturel, elles peuvent digérer les pollutions et épurer les eaux (par filtration soit des eaux ruisselant vers les cours d’eau, soit des eaux s’infiltrant vers la nappe), réduire l’intensité et la hauteur d’eau des crues d’inondations et soutenir le débit des cours d’eau à l’étiage. Elles peuvent donc être considérées comme des zones stratégiques pour la gestion de l’eau.
De même, les zones humides peuvent présenter un patrimoine biologique et écologique très fort. Elles constituent en effet des lieux de vie uniques pour de nombreuses espèces animales et végétales telles que les amphibiens, les libellules et les poissons qui accomplissent tout ou partie de leur cycle de vie dans ces zones ou encore les oiseaux qui se servent de ces milieux lors de leur halte migratoire ou pour la reproduction. Il ne faut pas oublier non plus de nombreuses espèces végétales qui ne vivent que dans ces milieux. Toutes ces espèces sont des symboles du fonctionnement plus ou moins préservé de ces espaces. A l’échelle du bassin Rhin Meuse, le comité de bassin a clairement identifié la protection et la restauration des zones humides comme un enjeu majeur pour préserver et améliorer l’état de la ressource en eau. En effet, ces infrastructures naturelles permettent notamment d’épauler les dispositifs plus lourds de traitement des eaux usées ou potables. |
Mare en vallée de la Doller (68) |
Qui peut intervenir ?
Avec la Loi sur le Développement des Territoires Ruraux, la Loi Risques (qui fait référence aux crues notamment), et la nouvelle Loi sur l’Eau récemment adoptée au parlement, les zones humides sont déclarées d’intérêt général à préserver, en raison à la fois de leurs rôles patrimonial (en faveur de la biodiversité) et fonctionnel (pour la préservation de la ressource en eau). Aussi, tous les acteurs doivent être mobilisés autour de ce bien commun : les collectivités (communes, communautés de communes, pays, conseils généraux et régionaux, syndicats…), mais aussi les acteurs publics (Agence de l’Eau Rhin-Meuse, services de l’Etat) ou encore les associations (associations de pêche, association de protection de la nature, etc.). |
Source AERM
Lac de Longemer (88) |
Comment intervenir ?
L’intervention consiste essentiellement en deux types d’opérations : la préservation et la restauration. La préservation consiste à protéger la zone humide des dégradations possibles car elle présente un intérêt environnemental particulier. Ces zones ont généralement été identifiées et recensées dans le cadre de différents d’inventaires écologiques : Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique, Espaces Naturels Sensibles des départements, zones humides prioritaires au titre du SDAGE (Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux), etc. La préservation consiste alors, en raison d’un fort intérêt écologique, de l’existence d’un risque de dégradation ou d’une opportunité, à procéder à l’acquisition foncière des terrains et à mettre en oeuvre un plan de gestion sur cette zone. La restauration et la renaturation sont mises en oeuvre lorsque les zones humides ont disparu ou ont été plus ou moins fortement dégradées (retournement pour mise en culture, drainage, remblaiement, etc.). Dans ce cas, pour permettre le retour d’un fonctionnement naturel de la zone qui pourra alors jouer son rôle dans l’amélioration de la qualité de l’eau, l’opération consiste à restaurer le site en rétablissant son bon fonctionnement hydrologique par exemple, ou encore à recréer la zone humide disparue. Ainsi, certaines zones très banales peuvent voir leur fonctionnement fortement amélioré et leur intérêt, notamment écologique, augmenté.
|