Ces opérations ont été initiées en 1990
à l'initiative de l'Association Nationale pour le Développement
Agricole (ANDA). Elles consistent en un ensemble de conseils et
de démonstrations mises gratuitement à la disposition
d'un groupe d'agriculteurs d'une région naturelle qui s'engage
dans une action volontaire de protection de la ressource en eau.
Les actions de conseil répondent à un cahier des charges
exigeant qui était garanti par un label jusqu'en 2001. Les
agriculteurs concernés décident eux-mêmes de
leur programme d'amélioration de pratiques. Le succès
de ces opérations est étroitement lié à
la motivation des exploitants agricoles dans le cadre d'une dynamique
de groupe. Les exploitations sont souvent situées dans des
zones de captage d'eau destinée à la consommation
humaine.
Ces opérations correspondent à une
volonté d'intégration de l'agriculture dans la politique
locale de l'eau. Chacune d'entre elles est ainsi adaptée
à la solution des problèmes locaux de protection des
eaux. Ainsi, certaines comportent un volet « irrigation »,
d'autres insistent plus sur les élevages et toutes ont une
action visant à réduire la pollution issue de l'utilisation
de phytosanitaires.
Concrètement, en matière de fertilisation,
les agriculteurs s'engagent à modifier leurs pratiques. Ils
apprennent à apporter la dose d'azote adaptée aux
besoins de la culture, à fractionner cette dose en l'apportant
au moment où la plante en a vraiment besoin, et à
implanter un couvert végétal permettant de limiter
le lessivage hivernal.
Une meilleure gestion des engrais dans les champs
signifie réduire les apports de nitrates dans les rivières
et dans les nappes.
Les opérations du
bassin Rhin-Meuse
Cliquez sur les différentes zones pour obtenir
plus d'informations
Source : AERM - Carte en cours de mise à
jour
Opération labéllisée
Opération pré - labéllisée
Opération en préparation
Sur le bassin Rhin-Meuse les opérations ferti-mieux couvrent
la majorité des zones de nappes affleurantes atteintes par
la pollution d'origine agricole. En Lorraine, une partie des zones
vulnérables reste à couvrir. L'opération interdépartementale
du bassin de la Seille, classée en zone vulnérable
en 2000, devrait se concrétiser en 2005.
Dans l'ensemble des zones ferti-mieux, on observe
que les pratiques de fertilisation ont effectivement évolué
favorablement dans un soucis de réduction des pertes d'azote
(fractionnement, dose d'épandage des déjections animales,
cultures intermédiaires, irrigation raisonnée du maïs).
Toutefois, la pollution des eaux souterraines par les apports diffus
reste préoccupante : en effet, près de la moitié
des eaux souterraines risque de ne pas atteindre le bon état
prescrit par la directive cadre sur l'eau pour 2015 en l'absence
de mesures complémentaires pour maîtriser leur pollution.
Pour quelques opérations « Rupt-de-Mad »,
« Sources de Gorze » ou « Haut-Saintois »,
on peut déjà observer une évidente corrélation
entre l'amélioration de la gestion de l'azote en agriculture
et la qualité de la ressource. Pour la nappe d'Alsace la
dégradation semble se stabiliser mais l'amélioration
se fait encore attendre. On constate également de manière
générale le développement d'une meilleure sensibilisation
aux risques de contamination par les pesticides, qui figure parmi
les objectifs agricoles prioritaires du 8ème programme.
La pollution des eaux de surface et souterraines
par les pesticides reste un sujet de préoccupation très
fort. Les améliorations de la qualité des nappes en
zones vulnérables sont très lentes et parfois peu
perceptibles. Ce constat d'amélioration des effets sur le
milieu ne peut donc encore être généralisé.
En revanche, on peut mettre en évidence une diminution des
excédents d'azote agricole dans les sols, source de pollution
des nappes.
Tableau récapitulatif
des opérations d'amélioration de pratiques culturales
du bassin Rhin-Meuse
2004
Objectif
fin
8ème programme
Aide technique au bon épandage
(suivi individuel)
270
500 élevages
conventionnés
Nombre
d'opérations ferti-mieux et nombre d'agriculteurs
concernés
16
17 opérations
Couverture
des sols par les CIPAN
8 000 ha
30 000 ha
Enherbement
du maïs (*)
1 600 ha
6 000 ha
Confusion
sexuelle sur vigne et arboriculture
510 ha
3 000 ha
Lutte
biologique en maïs par les trichogrammes
25 000 ha
40 000 ha
Mise
aux normes des locaux "phyto" et des plates-formes
de remplissage
160
300/an
Missions
de recyclage des boues
Tous les départements
couverts
maintien des missions
actuelles et recadrage des objectifs