Retour
mis à jour le 02-Mai-2012

Alimentation en eau potable

Bactériologie

SOURCES D'EXPOSITION

Les micro-organismes sont omniprésents dans l'environnement : eau, air, aliments. Certains sont pathogènes, c'est-à-dire capables de provoquer des maladies
Les germes pathogènes véhiculés par l'eau sont essentiellement des bactéries et virus, voire des parasites. Ils proviennent, pour la plupart, de déjections humaines ou animales. Certains n'ont pas cette origine fécale et sont qualifiés d'opportunistes, c'est-à-dire qu'ils sont naturellement présents dans l'environnement et ne manifestent leur virulence que sur des personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies.

Les causes d'introduction de micro-organismes dans un réseau d'adduction d'eau peuvent être multiples (présence d'animaux dans les réservoirs...) mais résultent le plus souvent d'un manque de protection des ressources conjugué à un traitement de l'eau défaillant ou inexistant (il convient de noter que ces défauts caractérisent la plupart des puits privés individuels).
L'exposition à une eau du robinet contaminée se produit essentiellement par ingestion. Le contact avec la peau ou l'inhalation (tout particulièrement lors de douches) sont aussi des voies de pénétration possibles.

Dans les pays développés, les progrès en matière d'hygiène et de vaccinations ont considérablement fait régresser les maladies d'origine hydrique ; la généralisation de la distribution publique d'eau de qualité a contribué à cette avancée ; néanmoins, dans certaines communes (surtout de petites tailles), la qualité n'est pas irréprochable et constitue encore un facteur de risque pour la santé.

EFFETS SUR LA SANTE

La présence de germes pathogènes dans une eau d'alimentation est toujours indésirable, mais elle ne signifie pas pour autant que les consommateurs de cette eau seront malades.
En effet, le pouvoir pathogène d'un micro-organisme est la résultante complexe de l'action de ce micro-organisme et de la réceptivité de son hôte. En d'autres termes, cela signifie que pour être malade, il faut :

  • qu'un germe pathogène ait gardé un pouvoir infectant (malgré son parcours dans l'environnement) et qu'il soit en concentration suffisante (malgré la dilution),
  • que l'organisme qui le reçoit ait ses mécanismes de défense dépassés ou simplement affaiblis ; par exemple, les personnes âgées, les très jeunes enfants, les immunodéficients sont plus sensibles au risque de maladies.


Lorsque l'exposition à une eau contaminée dépasse les limites de défenses naturelles du corps humain, la maladie s'installe.
Les principales infections d'origine hydrique observées en France sont rarement très graves et sont majoritairement à symptômes digestifs. Ainsi, les gastro-entérites prédominent largement (une enquête menée dans une région française a montré une fréquence nettement accrue de gastro-entérites dans des communes où l'eau était de mauvaise qualité bactériologique). Les cas de typhoïde, paratyphoïde, hépatites virales et dysenteries sont bien moins bénignes mais beaucoup plus rares. La réapparition de cas de choléra reste toujours possible.

Les problèmes sanitaires, autres que digestifs, sont nettement moins fréquents. Les atteintes de la peau ou des muqueuses sont rarement sévères (conjonctivites, éruptions cutanées, infections O.R.L.) ; les manifestations respiratoires sont bien plus préoccupantes, surtout la légionellose qui peut être mortelle.

ROLE DE L'EAU ET TENEUR LIMITE

La contamination de l'eau du robinet par des micro-organismes constitue la principale cause de non-conformité des eaux distribuées.
Actuellement, le contrôle de la qualité ne recherche pas les germes pathogènes (méthodes d'analyses longues et complexes). Il repose sur la détection de micro-organismes, généralement non pathogènes, faciles à mettre en évidence et présents en grand nombre dans l'intestin de l'homme et des mammifères. Ces germes (surtout les coliformes thermotolérants et les streptocoques fécaux) sont des indicateurs de pollution fécale. Tout résultat d'analyse supérieur à zéro indique un non-respect de la teneur limite réglementaire et signale la présence possible de germes pathogènes.




 
©Agence de l'eau Rhin Meuse 2010 Reproduction interdite, tous droits réservés