| SOURCES D'EXPOSITION
Les micro-organismes sont omniprésents dans
l'environnement : eau, air, aliments. Certains sont pathogènes,
c'est-à-dire capables de provoquer des maladies
Les germes pathogènes véhiculés par l'eau sont
essentiellement des bactéries et virus, voire des parasites.
Ils proviennent, pour la plupart, de déjections humaines
ou animales. Certains n'ont pas cette origine fécale et sont
qualifiés d'opportunistes, c'est-à-dire qu'ils sont
naturellement présents dans l'environnement et ne manifestent
leur virulence que sur des personnes dont les défenses immunitaires
sont affaiblies.
Les causes d'introduction de micro-organismes dans
un réseau d'adduction d'eau peuvent être multiples
(présence d'animaux dans les réservoirs...) mais résultent
le plus souvent d'un manque de protection des ressources conjugué
à un traitement de l'eau défaillant ou inexistant
(il convient de noter que ces défauts caractérisent
la plupart des puits privés individuels).
L'exposition à une eau du robinet contaminée se produit
essentiellement par ingestion. Le contact avec la peau ou l'inhalation
(tout particulièrement lors de douches) sont aussi des voies
de pénétration possibles.
Dans les pays développés, les progrès
en matière d'hygiène et de vaccinations ont considérablement
fait régresser les maladies d'origine hydrique ; la généralisation
de la distribution publique d'eau de qualité a contribué
à cette avancée ; néanmoins, dans certaines
communes (surtout de petites tailles), la qualité n'est pas
irréprochable et constitue encore un facteur de risque pour
la santé.
EFFETS SUR LA SANTE
La présence de germes pathogènes
dans une eau d'alimentation est toujours indésirable, mais
elle ne signifie pas pour autant que les consommateurs de cette
eau seront malades.
En effet, le pouvoir pathogène d'un micro-organisme est la
résultante complexe de l'action de ce micro-organisme et
de la réceptivité de son hôte. En d'autres termes,
cela signifie que pour être malade, il faut :
- qu'un germe pathogène ait gardé un pouvoir infectant
(malgré son parcours dans l'environnement) et qu'il soit
en concentration suffisante (malgré la dilution),
- que l'organisme qui le reçoit ait ses mécanismes
de défense dépassés ou simplement affaiblis
; par exemple, les personnes âgées, les très
jeunes enfants, les immunodéficients sont plus sensibles
au risque de maladies.
Lorsque l'exposition à une eau contaminée dépasse
les limites de défenses naturelles du corps humain, la maladie
s'installe.
Les principales infections d'origine hydrique observées en
France sont rarement très graves et sont majoritairement
à symptômes digestifs. Ainsi, les gastro-entérites
prédominent largement (une enquête menée dans
une région française a montré une fréquence
nettement accrue de gastro-entérites dans des communes où
l'eau était de mauvaise qualité bactériologique).
Les cas de typhoïde, paratyphoïde, hépatites virales
et dysenteries sont bien moins bénignes mais beaucoup plus
rares. La réapparition de cas de choléra reste toujours
possible.
Les problèmes sanitaires, autres que digestifs,
sont nettement moins fréquents. Les atteintes de la peau
ou des muqueuses sont rarement sévères (conjonctivites,
éruptions cutanées, infections O.R.L.) ; les manifestations
respiratoires sont bien plus préoccupantes, surtout la légionellose
qui peut être mortelle.
ROLE DE L'EAU ET TENEUR LIMITE
La contamination de l'eau du robinet par des micro-organismes
constitue la principale cause de non-conformité des eaux
distribuées.
Actuellement, le contrôle de la qualité ne recherche
pas les germes pathogènes (méthodes d'analyses longues
et complexes). Il repose sur la détection de micro-organismes,
généralement non pathogènes, faciles à
mettre en évidence et présents en grand nombre dans
l'intestin de l'homme et des mammifères. Ces germes (surtout
les coliformes thermotolérants et les streptocoques fécaux)
sont des indicateurs de pollution fécale. Tout résultat
d'analyse supérieur à zéro indique un non-respect
de la teneur limite réglementaire et signale la présence
possible de germes pathogènes.
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