Etat des eaux, le point

L’état des eaux du bassin Rhin-Meuse s’améliore. C’est ce que démontre l’analyse des données à moyen et long terme. Les efforts consentis par les nombreux acteurs portent leurs fruits. Qualité physique, biologie, pollution organique, nitrates dans les eaux souterraines sont les indicateurs qui progressent. Néanmoins, la mobilisation de tous les acteurs doit continuer pour atteindre l’objectif de bon état des eaux fixé par les plans de gestion des eaux. Cette mobilisation doit notamment se développer davantage sur les secteurs prioritaires sur lesquels l’agence de l’eau a développé des conditions d’aides majorées depuis le 1er janvier 2016.

L’état d’un cours d’eau s’apprécie au regard d’une diversité de critères dont certains s’améliorent, d’autres stagnent…

ÉTAT ÉCOLOGIQUE

Hydromorphologie

Un cours d’eau en bon état physique se caractérise notamment par un lit sinueux et diversifié ainsi que par des berges naturelles pourvues d’une végétation dense. La dégradation de cette composante «physique» a un impact sur la qualité biologique du cours d’eau qui constitue un indicateur central de l’état des eaux. En 10 ans, ce sont presque 3 000 kilomètres de cours d’eau qui ont fait l’objet d’opérations de restauration. Les suivis mis en place sur certains secteurs ayant bénéficié de programmes ambitieux de renaturation ont montré des retours spontanés d’espèces animales et végétales typiques de leur type de cours d’eau. C’est le cas à Hatrize par exemple, où un an après l’effacement d’ouvrages et la réalisation d’importants travaux de restauration, la présence de barbeau a été multipliée par 2.

Biologie

Le bon état biologique des rivières est évalué à partir de plusieurs indicateurs représentatifs de la bonne santé et de la diversité des différentes familles d’organismes vivants dans les cours d’eau (poissons, invertébrés, diatomées et macrophytes). Il reflète les conditions de vie des «habitants» du cours d’eau sur plusieurs semaines, plusieurs mois, voire plusieurs années. Si seulement un tiers des cours d’eau est en bon état biologique, 28% des sites de surveillance ont vu leur état biologique progresser favorablement depuis 2007. Les peuplements biologiques étant sensibles aux conditions chimiques et physiques des milieux, cette progression témoigne que les efforts réalisés à travers les différents projets de dépollution et de renaturation sont efficaces.

Nutriments et matières organiques

Leur présence excessive dans les cours d’eau et les plans d’eau peut provoquer, en période estivale, un phénomène d’eutrophisation des eaux avec un développement excessif de la végétation aquatique et un appauvrissement en oxygène. Ce phénomène provoque une mortalité des espèces aquatiques les plus sensibles. Ils sont principalement issus des rejets de stations d’épuration des collectivités et des industriels. Leur présence a très nettement diminué dans les cours d’eau entre 2007 et 2014. 48% des stations de mesure ont progressé sur le paramètre du phosphore par exemple. Deux tiers des cours d’eau atteignent maintenant le bon état pour ces éléments. Ces progrès certains démontrent l’efficacité des différents projets de réduction des rejets urbains et industriels dans les zones les plus prioritaires.

ÉTAT CHIMIQUE, DONT :

Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP)

Ce sont des produits principalement issus de combustion incomplète de charbons, bois et de produits pétroliers. Ils sont très nocifs. Leur dispersion par voie atmosphérique contribue à contaminer de très nombreux cours d’eau. 70% des points de surveillance sont déclassés à cause de ce paramètre.

Les métaux et métalloïdes (zinc, mercure, cuivre et arsenic principalement)

Ils sont issus d’apports ponctuels urbains et industriels, d’apports diffus agricoles, de contaminations historiques. Une partie peut néanmoins être d’origine naturelle. Ils sont présents en excès sur plus de 40% des points de surveillance.

Les pesticides et biocides

Ils sont principalement issus de l’activité agricole, mais également des espaces verts et jardins des particuliers. Même si les pratiques d’utilisation sont en constante amélioration, leurs ventes restent en augmentation régulière. 35% des points de surveillance présentent au moins un pesticide en concentration excessive. Les indicateurs de suivi dans les eaux ne montrent aucune baisse de leur présence.

L’état d’un cours d’eau s’apprécie au regard d’une diversité de critères dont certains s’améliorent, d’autres stagnent…

Au début des années 80, de nouveaux enjeux liés aux pollutions diffuses agricoles ont émergé tout d’abord vis-à-vis des nitrates puis des pesticides 10 ans plus tard. 30 ans après, ces enjeux restent d’actualité. Même si des progrès ont été réalisés avec une concentration moyenne en nitrates qui a baissé de 15% en 10 ans dans les zones les plus contaminées, ils restent modérés. Là aussi, la mobilisation doit continuer pour atteindre l’objectif de 100% des eaux souterraines en bon état chimique en 2027.