Copie non achevée du futur programme d’intervention de l’agence de l’eau, le Conseil d’administration souhaite disposer de moyens à hauteurs des défis à relever.

Dans quelques mois, le futur programme d’intervention de l’agence de l’eau Rhin-Meuse pour les années 2019-2024 devrait être entériné. Les arbitrages gouvernementaux en cours réinterrogent l’équilibre d’ensemble de la politique portée en faveur des ressources en eau, des milieux aquatiques et de la biodiversité du bassin Rhin-Meuse.

Les membres du Conseil d’administration ont largement débattu des propositions émanant d’une double inspection relative à l’avenir des opérateurs de l’eau et de la biodiversité. Si le rapport reconnaît l’efficience des agences de l’eau, il préconise à moyen terme une évolution des missions résolument tournées vers des problématiques de biodiversité, d’adaptation au changement climatique, abandonnant de fait les missions originelles, ainsi que les dotations financières s’y référant.

Les administrateurs se sont tout d’abord exprimés sur la question des moyens financiers. « Nous avons toujours eu une gestion rigoureuse des fonds publics. Notre trésorerie est maîtrisée. Si le curseur financier est revu trop à la baisse, la version actuelle du futur programme d’intervention de l’agence de l’eau (2019-2024) devra être complètement repensée, avec des répercussions très rapides sur des pans entiers d’activités remettant en cause le portage d’une politique ambitieuse » a déclaré Gilbert Bauer, Président de la Commission des Programmes. Par ailleurs, les administrateurs ont souhaité mettre en avant l’histoire et le développement de la politique de l’eau, qui certes continue à s’écrire mais pour laquelle des ruptures trop brutales seraient incomprises de la part des partenaires de l’agence de l’eau.

Autre point de vigilance soulevé : la politique de l’eau et de la biodiversité ne trouve de réalité qu’à travers la mobilisation d’une multitude d’acteurs et de déclinaisons locales ; une dynamique qu’il serait dangereux d’annihiler.

Après ce débat, le Conseil d’administration a entériné les dispositions du plan triennal en faveur des projets d’assainissement prioritaires pour la reconquête de la qualité de l’eau. 182 dossiers pour un montant total d’aides de 94,5 millions d’euros seront financés sur les trois prochaines années, dont 30 millions d’euros dès 2018.

Le Conseil d’administration a également pris d’autres mesures de régulation pour respecter les enveloppes annuelles allouées, en particulier, en matière d’alimentation en eau potable et sur les aides relatives aux mesures agro-environnementales pour les années 2016-2018.

Le bilan sur la nappe d’Alsace publié en fin d’année ne montrait pas d’évolution notable quant aux teneurs en nitrates. En ce qui concerne les pesticides, 21 molécules étaient quantifiées à des teneurs supérieures à > 0,1 µg/L en 2016 (contre 16 en 2009), avec des augmentations de quantifications pour 3 herbicides.  Sur la base des enseignements des actions portées ces dernières années (réussite/échec), un protocole multipartite rénové se dessine. Une boite à outils élargie sera proposée. Les membres du Conseil d’administration ont jugé la démarche nécessaire. Ils se sont néanmoins interrogés sur la portée de son ambition (-30% de réduction de pesticides d’ici 2022) compte-tenu de la récurrence de cette problématique et, à cet égard ont délibéré sur les ambitions et les prérequis minimaux à une signature du protocole.