Commune Nature, une démarche implicante pour les collectivités et le citoyen

La démarche originale initiée par la Région Alsace et l’Agence de l’eau Rhin-Meuse sous l’appellation Commune Nature vise un triple objectif :

  1. valoriser les communes alsaciennes engagées dans une démarche de réduction, voire de suppression de l’utilisation des produits phytosanitaires pour l’entretien des espaces verts et des voiries et par voie de conséquence directe la préservation de la qualité de la ressource en eau,
  2. encourager les collectivités à progresser dans leur démarche (3 niveaux possibles),
  3. inciter l’ensemble des communes alsaciennes à rejoindre le dispositif.

1ère étape, signature de la charte régionale

Pour les communes alsaciennes souhaitant s’engager dans la démarche Commune Nature, la première étape est la signature de la charte régionale d’entretien des espaces communaux en Alsace, démarche Zéro Pesticide. La signature de cette charte traduit l’engagement volontaire de la commune ou de la collectivité dans une démarche progressive et continue ; l’objectif final étant de ne plus utiliser de produits phytosanitaires.
L’engagement de la collectivité à travers la signature de la présente charte contribue à préserver un patrimoine naturel commun, enjeu majeur pour le développement en Alsace.

Les collectivités sont accompagnées par la FREDON Alsace (fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles) dans le cadre de ses missions d’assistance aux communes (formation, sensibilisation, démonstration, retour d’expériences, conseil personnalisé…) soutenues par la Région Alsace et l’Agence de l’eau Rhin-Meuse.

Trois niveaux possibles de distinction

Pour permettre une appropriation progressive et ne pas décourager les collectivités, trois niveaux de mises en œuvre (et de distinction) sont proposées ; les collectivités étant incitées à atteindre à moyen terme le niveau 3.

Niveau 1
La structure :

  1. a initié une démarche de réduction, voire de suppression des produits phytosanitaires
  2. a engagé une réflexion sur un plan d’entretien communal ou un plan de gestion différenciée. Ces documents ont pour but d’identifier, de mesurer et classer les zones à désherber selon le risque de ruissellement et de pollution des eaux afin d'adapter les méthodes d'entretien
  3. respecte la règlementation en vigueur relative à l'utilisation des produits phytosanitaires (port des équipements de protection individuels, local de stockage aux normes, utilisaiton conforme des produits...)
  4. a formé les agents, avec une périodicité de 3 ans au minimum, aux méthodes permettant la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires et à la maîtrise des techniques alternatives au désherbage chimique

Niveau 2
La structure :

  1. depuis la mise en oeuvre de la démarche, a réduit de 70% l’utilisation des produits phytosanitaires désherbants conformément au plan d’entretien communal et/ou a supprimé l'utilisation de produits phytosanitaires sur les zones les plus à risque pour les eaux : voiries et autres zones imperméables
  2. a formé les agents aux techniques alternatives depuis moins de 3 ans
  3. a communiqué auprès de la population pour expliquer et l’associer, étape indispensable pour la réussite de la démarche

Niveau 3
La structure :

  1. n’utilise plus de produits phytosanitaires depuis au moins 1 an
  2. s’engage à ne plus utiliser de produits phytosanitaires durant les 3 ans à venir
  3. a communiqué régulièrement vers les particuliers

Les communes auditées

Un prestataire indépendant (Certipaq) mandaté par la Région Alsace et l’Agence de l’eau Rhin-Meuse a rencontré les collectivités et autres gestionnaires d'espaces concernés par l’audit.
Le cadre d’audit a été préalablement actualisé et consolidé pour tenir compte des enseignements des éditions précédentes.
Le diagnostic établi à l’issue de cette phase d’audit a permis de situer le niveau d’avancement des communes dans la démarche, symbolisé par la présence d’une, deux ou trois libellules sur le panneau d’entrée de ville.
Ce diagnostic a également permis d’identifier les points à conforter pour prétendre au niveau suivant. Ces informations seront communiquées aux communes selon le principe de l’amélioration continue.

Et pour la première fois, Certipaq a procédé au renouvellement d'audit de communes récompensées lors des deux précédentes éditions.

Le citoyen impliqué

La sensibilisation des habitants est un des gages de réussite dans la durée de l’engagement pris par les collectivités en faveur de la réduction, voire de la suppression des pesticides.
Car si peu à peu s’impose le fait que le désherbage n’est pas obligatoire dans tous les espaces urbains, cela nécessite d’accepter la végétation spontanée, laisser l’herbe se développer dans les allées, les pissenlits sur certaines pelouses… et même favoriser ce retour de la nature en ville par le semis ou la plantation d’espèces végétales locales.
C’est pourquoi il est nécessaire d’impliquer le citoyen afin qu’il comprenne les enjeux liés à ces changements de pratiques d’entretien : enjeux de santé publique, de préservation des milieux naturels et de la biodiversité.

Il est important également que les habitants s’investissent eux aussi dans la démarche en mettant en pratique par exemple des gestes ou des techniques vers un jardinage naturel.