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Substances dangereuses pour l’eau, suivi mensuel demandé
L’atteinte du bon état des eaux voulu par la directive cadre
européenne passe par la recherche et la réduction des
substances dangereuses pour l‘eau. Les industriels sont directement concernés. Un premier inventaire de ces
substances est achevé depuis 2007. Place aujourd’hui à un
suivi mensuel des rejets défini par arrêté préfectoral et à la
mise en place de solutions de substitution. Explication avec
Solange Gionta, ingénieur à la direction régionale de l’industrie,
de la recherche et de l’environnement (Drire) de Lorraine.
Rhin-Meuse infos : Pouvez-vous nous
rappeler brièvement la genèse de cette
action ?
Solange Gionta : L’inventaire des
substances dangereuses dans les rejets
des installations classées est une disposition
voulue par la directive cadre européenne
sur l’eau. Il a été initié par la circulaire du
4 février 2002 et s’est achevé à l’automne
2006. Il s’agit d’une démarche nationale.
Sur le bassin Rhin-Meuse, l’inventaire a
concerné environ 400 établissements
industriels (installations classées). 106
substances ont été recherchées.
Qu’entend-on par substances dangereuses
?
Il s’agit de micropolluants, qui à très faible
dose, sont toxiques et dangereux pour les
milieux aquatiques.
Que s’est-il passé entre la fin de cet inventaire
et la parution de la circulaire
de 2009 fixant la marche à suivre pour
les années 2009-2010 ?
Cet inventaire a permis d’identifier les
principaux émetteurs de substances dangereuses. En Lorraine, nous avons envoyé
un courrier aux industriels concernés leur
demandant de rechercher la provenance
du ou des polluants rejetés et les pistes
de réduction de ces émissions. La plupart
des exploitants nous a rapidement informé
des investigations menées ou programmées
et nous a communiqué les résultats
des contre-analyses effectuées.
Parallèlement les résultats des 3 500 établissements
français ont été exploités au
niveau national1. Ils ont servi de base à la
concertation avec les chambres syndicales
industrielles et les organisations professionnelles.
L’objectif était d’arrêter par
secteur d’activité la liste des substances
dangereuses pour l’eau le plus fréquemment
retrouvées dans les rejets.
Et ce sont ces listes qui sont visées
dans la circulaire du 5 janvier 2009.
Que devront faire les industriels ?
Un arrêté préfectoral demandera aux
industriels de surveiller les substances
dangereuses dans leurs rejets. 180 établissements
en Lorraine2 sont concernés
en priorité avec comme échéance la fin
de l’année 2009 pour la mise en place
de ce dispositif. Une analyse mensuelle
pour chaque paramètre défini dans les
listes sera effectuée et ce pendant une
durée de 6 mois. Les résultats nous seront
transmis accompagnés des pistes
d’actions envisagées afin de réduire ou
supprimer ces substances. Ce suivi mensuel
se poursuivra si nécessaire par une
surveillance pérenne avec des analyses 1
fois par trimestre pendant un minimum de
2 ans et demi. Ce dispositif devra être mis
en place au plus tard pour fin 2010. Pour
les autres sites industriels, cette même
surveillance devra être effective fin 2013
De quelle manière seront centralisées
les données recueillies ?
Ce sont les laboratoires chargés des prélèvements
et des analyses qui rempliront
une base de données nationale (GIDAF).
Ces laboratoires disposeront également
d’un cahier des charges très précis élaboré
par le ministère du développement
durable pour la réalisation des analyses.
Quelle est l’échéance ultime pour la réduction
de ces substances dangereuses ?
Pour les substances dangereuses dites
prioritaires, la directive cadre européenne
a fixé l’échéance de 2028. Mais le futur
plan de gestion des eaux du bassin Rhin-Meuse (Sdage) propose des objectifs
de réduction intermédiaires dès 2015 :
-50% pour les substances prioritaires (au
nombre de 41), - 30% pour les substances
dangereuses et -10% pour les substances
pertinentes. Le passage à l’action
est donc nécessaire dès maintenant.
[1] Synthèse nationale disponible sur le site
http://rsde.ineris.fr
[2] Il s’agit des établissements IPPC soumis à bilan
de fonctionnement
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