Le Comité de bassin entérine le Plan Rhin vivant

La continuité écologique le long du Rhin est un des objectifs concertés des différents pays riverains. Dans ce contexte, le Plan Rhin vivant est porteur d’une nouvelle ambition en permettant au fleuve, dans sa partie française, de recouvrer toutes ses fonctionnalités sur 100 kilomètres.

Cette réorientation des travaux est liée aux difficultés d’efficacité des passes à poisson sur le cours principal du fleuve et au besoin d’analyse prospective sur ces ouvrages en tenant compte de l’impact du changement climatique. C’est ce positionnement que la Délégation française présentera et défendra, lors de la séance plénière de la Commission internationale pour la protection du Rhin des 4 et 5 juillet 2019 au Liechtenstein.

Les membres du Comité de bassin ont exprimé leur soutien massif à cette nouvelle stratégie et ont validé le Plan Rhin vivant comme solution sans regret et comme une alternative « gagnante-gagnante » pour tous les usages du fleuve (environnemental, économique, touristique…).

Le président, Claude Gaillard, a rappelé que des moyens considérables ont été engagés depuis 20 ans au niveau du bassin Rhin-Meuse (50 millions d’euros) en particulier pour l’aménagement des passes à poissons sur les ouvrages hydroélectriques de Gamsheim, Strasbourg, Gerstheim et Kembs…
« Ces investissements ont ouvert la route aux migrateurs, mais avec des résultats en termes d’efficacité inférieures aux prévisions alors que la renaturation des espaces alluviaux ou la remise en eau de bras morts » ont démontré de réelles plus-values écologiques et sont indispensables pour fixer une souche de saumon naturelle.

Sur la base de ce constat, et au regard des investissements nécessaires à la réalisation des 3 dernières passes à poissons (150 millions d’euros), le Plan Rhin vivant propose « une nouvelle respiration pour le fleuve » et devient la priorité.

Ce plan souhaite mobiliser tous les maîtres d’ouvrages concernés (aux côtés des 4 premiers signataires) pour mener des travaux favorisant la création d’une mosaïque de milieux naturels propices à la reproduction des espèces et en valorisant leur reconnexion, réelle plus-value pour accroitre la fanchissabilité des obstacles. Une quarantaine de projets, côté français, sont d’ores et déjà identifiés.

Le Plan Rhin vivant, défi territorial n°2 du programme d’intervention de l’agence de l’eau Rhin-Meuse (2019-2024) va bénéficier d’appuis financiers importants. Il va faire l’objet d’une communication dans les semaines à venir auprès de toutes les parties prenantes afin de densifier le collectif autour de ce projet qui répond à la fois aux objectifs de la Directive cadre européenne sur l’eau (biodiversité, continuité écologique), mais également pour l’atténuation des effets du dérèglement climatique. À l’horizon 2050, les pics de canicule pourraient dépasser 50 degrés sur le bassin Rhin-Meuse. Le Rhin et ses forêts alluviales auront alors un rôle majeur de « climatiseur local ».

Autre point à l’ordre du jour, les assises de l’eau relatives au grand cycle. Les conclusions ont été présentées par le Ministre de la transition écologique et solidaire le 1er juillet dernier. Les orientations permettent de considérer que les dispositions prises dans le cadre du 11ème programme de l’agence de l’eau apportent une réponse concrète aux attentes gouvernementales et des territoires, même si le comité de bassin devra reconsidérer certains équilibres budgétaires ou accentuer des priorités pour satisfaire aux objectifs élevés assignés. Le prochain comité de bassin sera saisi de ces évolutions potentielles.

Certains mesures ouvrent la voie à de nouvelles mesures réglementaires qui alimenteront les travaux d’élaboration du futur plan de gestion des eaux en cours de révision sous la responsabilité du Comité de bassin. Des nouveaux leviers d’action en découleront très certainement en ce qui concerne l’interaction entre la politique de l’eau et les stratégies territoriales d’aménagement.



Prochaine séance du Comité de bassin : 18 octobre 2019