Zones de rejet végétalisées, un concept qui fait ses preuves sur le bassin Rhin-Meuse

Forte d’un retour d’expériences sur près de dix années, l’agence de l’eau Rhin-Meuse publie un guide actualisé sur les zones de rejet végétalisées implantées en sortie de station d’épuration. Entre bonus écologique et levier majeur au développement de la biodiversité, les connaissances ainsi mises en lumière permettent de disposer d’un point de vue argumenté.

Sur le bassin Rhin-Meuse, près de 200 zones de rejet végétalisées ont été construites depuis 2009. Leur création en sortie de stations d’épuration des petites collectivités -sous forme de chenal méandreux, mare, noue ou de type prairie humide- devient de plus en plus systématique, bien qu’elle ne soit pas rendue obligatoire.

Accompagnant financièrement ces dispositifs, l’agence de l’eau Rhin-Meuse a souhaité en assurer un suivi avec l’appui de partenaires locaux (collectivités, conseil départemental du Haut-Rhin, centres de recherche). Les connaissances ainsi acquises font l’objet de cette publication. Grâce à ce partage, l’agence de l’eau Rhin-Meuse souhaite améliorer la conception et accompagner le vieillissement de ces ouvrages.

Le présent document propose en quatre chapitres des informations clés, des données chiffrées, des conseils pratiques relatifs aux intérêts de ces dispositifs, à leur conception et entretien et à leurs performances épuratoires.

En conclusion, l’agence de l’eau indique que les zones de rejets végétalisées contribuent dans une certaine mesure à la réduction des impacts des rejets sur le milieu récepteur. Elles permettent avant tout de protéger les berges des cours d’eau et de recréer des milieux humides fonctionnels. Elles s’inscrivent ainsi parfaitement au titre des solutions de génie écologique proposées pour l’adaptation au changement climatique.


 

Qu'est-ce qu'une zone de rejet végétalisée ?

« un espace aménagé entre la station de traitement des eaux usées et le milieu récepteur superficiel de rejets des eaux usées traitées. Cet aménagement ne fait pas partie du dispositif de traitement des eaux usées mais est inclus dans le périmètre de la station  ».
C’est ainsi que les zones de rejet végétalisées sont définies d'après l'article 2 de l'arrêté du 21 juillet 2015.

Ouvrage artificiel, contrairement aux zones humides naturelles, ces zones peuvent prendre différentes formes. En effet, en fonction de l’objectif assigné, des surfaces disponibles et des caractéristiques du site d’implantation, les milieux à créer peuvent être très divers. Parmi ces aménagements, on distingue les mares, les noues, les chenaux méandreux  et les prairies.


Ils témoignent...

Sur le bassin Rhin-Meuse, différentes zones de rejet végétalisées ont été étudiées et suivies.

Malgré quelques dysfonctionnements sur certaines d’entre elles qui ont nécessité des adaptations, notamment pour leur entretien, les responsables de ces zones, maires, adjoints et ouvriers, affirment être « globalement satisfaits de ce concept ». Ils mettent en avant le fait qu’outre la plus-value environnementale apportée, les zones « n’ont pas nécessité un coût trop important et ne sont pas difficiles à entretenir ».


Autreville-sur-Moselle (Meurthe-et-Moselle - 54)

Créée en 2012 sous forme de prairie, la zone de rejet végétalisée d’Autreville-sur-Moselle (environ 270 habitants) présente aujourd’hui des résultats encourageants.
« Lorsqu’on nous a proposé d’installer une telle zone à la sortie de notre station d’épuration, nous avons accepté car nous trouvions le concept intéressant. Toute notre végétation est apparue naturellement, à l’exception de saules et de roseaux que nous avons plantés. L’entretien, deux à trois fois par an, n’est pas contraignant puisqu’il se résume à tondre la pelouse autour de la zone et au faucardage. La zone est également propice à l’accueil de biodiversité puisque des amphibiens, des insectes et des oiseaux sont présents » affirme Jean-Jacques Bic, maire.
Les zones de rejet végétalisées conçues sous forme de prairie présentent de nombreux atouts. Avec un sol relativement plat, ces zones permettent de réduire la vitesse d’écoulement des eaux et donc le stockage des matières en suspension et des polluants comme les nitrates ou le phosphore.
A Autreville-sur-Moselle, pour la création de la station de traitement des eaux usées et de la zone de rejet végétalisée, le montant total s’est élevé à 460 000 euros. 283 000 euros d’aides ont été accordés par l’Agence de l’eau Rhin-Meuse, soit 61% du coût total.

Hampont (Moselle - 57)

La zone de rejet végétalisée d’Hampont (environ 195 habitants), créée en septembre 2014, apporte également satisfaction aux responsables de la commune. « Lorsque nous avons construit notre station d’épuration, nous avons adhéré au concept des zones de rejet végétalisées. Nous ne regrettons pas notre choix car comme on nous l’avait indiqué, notre zone de rejet végétalisée ne nous demande pas un entretien trop important. Nous devons simplement intervenir pour le nettoyage du tuyau de sortie » explique Gérard Meyer, premier adjoint au maire de Hampont. Le coût total de la conception de la station de traitement des eaux usées et de la zone de rejet végétalisée s’est élevé à 150 474 euros. Le montant de l’aide accordée par l’Agence de l’eau Rhin-Meuse s’est élevé à 52 700 euros, soit 35 % du coût total.

Chicourt (Moselle - 57)

Mise en service en 2011, la zone de rejet végétalisée de Chicourt (environ 90 habitants) a été créée sur des pentes douces, idéales pour le développement de la végétation. « Au niveau du lit du fossé, nous n’avons aucune plante envahissante, ce qui facilite l’entretien de notre zone. La fauche, deux fois par an, ainsi que le curage, que nous réalisons à la main, sont nos deux seules contraintes d’entretien. Quant aux végétaux, ils ont poussé de manière autonome sans que nous ne devions intervenir. Globalement, nous sommes satisfaits de notre zone de rejet végétalisée qui n’a pas imposé un budget trop important à la commune » souligne Alain Leclech, maire.

 

LES ZONES DE REJET VÉGÉTALISÉES EN IMAGES

 

Zones de rejet végétalisée de type prairies humides Zone de rejet végétalisée de type mare et noue Zone de rejet végétalisée de type chenal méandreux

Fontenoy-la-Joute (54)
© P. Mangeot/AERM

Hannonville-sous-les-Côtes (55)
© M. Paradowski/AERM
Walbach (68)
© M. Paradowski/AERM
Mandres-aux-quatre-tours (54)
© M. Paradowski/AERM

Hannonville-sous-les-Côtes (55)
© M. Paradowski/AERM

Walbach (68)
© M. Paradowski/AERM