Une application ludique pour évaluer la qualité des eaux : focus sur les progrès réalisés

Lancée en 2013 et actualisée pour cet été avec les données millésimées 2016, l’application Qualité Rivière, téléchargeable sur smartphone et tablette, permet de s’informer sur la qualité des eaux sur le plan régional et national. Un outil indispensable pour cerner les efforts accomplis en matière de lutte contre la pollution et les défis écologiques à relever.

Depuis 2013, la qualité des eaux qui nous entourent n’a plus aucun secret pour personne ! Grâce à l’application mobile Qualité Rivière des agences de l’eau et de l’Agence française de Biodiversité, téléchargeable gratuitement sur smartphone et tablette, toutes les qualités des eaux des rivières peuvent être consultées au travers d’une carte de France interactive qui permet de savoir si le cours d’eau sélectionné est en « très bon état » (bleu), « bon état » (vert), moyen, (jaune), médiocre (orange) ou mauvais état (rouge). Cette application ludique propose aussi des quizz pour tester ses connaissances sur l’eau et sur l’impact du changement climatique sur la qualité des rivières. Depuis 2016, grâce à 2 500 sites de pêche répartis sur l’ensemble du territoire, l’application permet en plus de consulter les espèces de poissons qui vivent et circulent dans les rivières de France.

Pour les eaux du bassin Rhin-Meuse, les efforts fournis entre 2013 et 2016 permettent de constater une amélioration de leur qualité. Une progression à prendre en considération et qui doit inciter tout un chacun à poursuivre les efforts pour un bon état écologique qui constitue un objectif ambitieux. En effet, la qualité des eaux s’apprécie à travers un grand nombre de familles de polluants (7 fois plus en 15 ans) et si un seul polluant ne respecte pas la norme, tout le cours d’eau est déclassé !

La qualité des eaux du bassin Rhin-Meuse, face à la pollution organique comprenant la pollution urbaine, industrielle et agricole hors micropolluants et pesticides, est en nette amélioration : de 2013 à 2016, 61% des eaux ont atteint un état écologique jugé « bon ou très bon » contre 48% entre 2011 et 2013.
Graphique QE


 Des progrès sont également constatés sur certains paramètres, comme l’ammonium ou le phosphore. Entre 2013 et 2016, la diminution a été constante.

 

Graphique amonium phosphore


D’autres problématiques nécessitent encore des efforts pour améliorer globalement la situation. C’est le cas de la pollution toxique avec certains métaux comme le cuivre ou l’arsenic, à l’origine de nombreuses contaminations, et présents en excès sur plus de 40% des points de surveillance. Les pesticides et biocides ne doivent pas non plus être oubliés car même si leur utilisation est en nette diminution, 35% des points de surveillance présentent au moins un pesticide en concentration excessive.

De manière générale, les spécialistes s’accordent sur le fait que l’évaluation de la qualité de l’eau doit se faire sur des chroniques pluriannuelles, compte-tenu du temps de réaction du milieu naturel, et pour lisser les variations naturelles, parfois marquées par des phénomènes extrêmes de type sécheresse ou inondations.

Evolution de la qualité des eaux : des études de cas pour bien comprendre

De manière complémentaire au suivi de la qualité de l’eau, l’Agence de l’eau Rhin-Meuse évalue l’impact des actions soutenues financièrement avec l’amélioration de la qualité des ressources en eau et des milieux aquatiques. Des territoires-test font actuellement l’objet d’investigations poussées, dont les résultats valorisés fin d’année viendront consolider la stratégie d’actions de l’établissement. Sans attendre ces résultats complets, des exemples, au fil de l’eau témoignent des résultats encourageants obtenus.

Le Rawé, au cœur de l’amélioration de la qualité des eaux

Le Rawé, affluent du Woigot, était en mauvais état écologique en raison de rejets trop importants de pollution domestique et d’une dégradation de sa qualité physique. L’assainissement de tout le bassin versant avait été identifié comme une action prioritaire dans le plan d’actions meurthe-et-mosellan. Ainsi les communes de Anoux, Les Baroches, Fleville-Lixières et Ozerailles ont bénéficié de dispositifs d’assainissement faisant gagner au cours d’eau deux rangs de qualité pour être aujourd’hui classé en bon état écologique.

Une bonne qualité des eaux pour un meilleur état des habitats : l’exemple d’Eckwersheim (67)

En 2012, la station d’épuration en amont de la commune d’Eckwersheim a été remise aux normes, pour enrayer la disparition de poissons dans le Neubaechel comme le montrait l’inventaire de 2009. En 2013, une renaturation du Neubaechel a été entreprise. Ces deux phases de travaux ont permis d’améliorer la qualité de l’eau et des habitats. Outre une végétation florissante sur les berges, les inventaires piscicoles, menés quelques kilomètres en aval d’Eckwersheim, montrent, dès 2013, une recolonisation du cours d’eau, avec la pêche d’une douzaine d’espèces de poissons (goujon, ablette, perche soleil…). L’amélioration de la qualité de l’eau a permis également le retour d’espèces (bécassine des marais, criquets ensanglantés…) placées jusqu’alors en liste rouge parmi les espèces menacées d’Alsace.

Moins de pesticides pour une meilleure qualité des eaux : le cas d’Ammertzwiller (68)

Le forage d’Ammertzwiller s’étend sur une surface de 364 hectares et concerne 30 exploitations agricoles. En raison d’un taux de nitrates et de pesticides trop important, plusieurs actions pour la reconquête de ce captage ont été menées depuis 2007. Dans le cadre d’un appel à projets lancé par l’agence de l’eau en 2015, la collectivité a mené une réflexion complémentaire pour le développement de l’agriculture de conservation qui renvoie à une réduction des intrants et à une modification des systèmes de cultures. Bien que les résultats restent fragiles, une diminution de la teneur en pesticides a été constatée.

L’Orne à Hatrize (54)

Le seuil de l’ancien moulin d’Hatrize, qui n’était plus en fonction depuis 1988, engendrait de fortes perturbations sur l’Orne, en termes de continuité écologique et de banalisation du cours amont. En effet, il générait une zone lente et homogène de près de 5 km, peu propice au bon fonctionnement de la rivière. Des travaux sont entrepris dès 2011. L’objectif : supprimer le seuil sans usage afin d’améliorer la qualité écologique de l’Orne tout en préservant les activités et le patrimoine associés au site. Après les travaux, des progrès ont été constatés : une pêche électrique a révélé une augmentation des populations de poissons d’eaux courantes comme le goujon, le chevesne, la vandoise et le chabot. D’autres poissons rhéophiles font leur retour comme le hotu et le barbeau fluviatile. Une manière de préserver la biodiversité, de conserver et de diversifier le loisir de pêche, très prégnant sur le secteur.