Une approche historique de l’état de santé des lacs de Gérardmer, Longemer et Retournemer

Plans d’eau sensibles, les lacs de Gérardmer, Longemer et Retournemer dans les Vosges ont fait l’objet d’une étude pour reconstituer leur environnement passé et ainsi définir les causes probables des dysfonctionnements écologiques auxquels ils doivent faire face aujourd’hui.

 

Les lacs de Gérardmer, Longemer et Retournemer sont des plans d’eau naturels sensibles au cœur du département des Vosges (88).
L’état des lieux mené depuis quelques années a mis à jour des dysfonctionnements écologiques  : appauvrissement en oxygène des eaux en profondeur, changement du peuplement piscicole, mauvaise assimilation de la matière organique par la chaine alimentaire du lac, excès de certains éléments toxiques …

Reconnus pour leur richesse naturelle et leur valeur économique liée à l’activité touristique qu’ils génèrent, il était important de connaître et comprendre leur environnement passé pour expliquer les causes probables de ces dysfonctionnements : apports de matières organiques par les eaux domestiques non assainies, par l’érosion des sols provoqués par les travaux forestiers… et apports d’éléments toxiques par les polluants liés au trafic routier, aux eaux pluviales…

L’étude, menée par le laboratoire Chrono-Environnement (CNRS – Université de Besançon (25)), a permis d’observer et d’analyser cette dégradation sur 2000 ans pour les lacs de Gérardmer et Longemer et 200 ans pour le lac de Retournemer, à travers notamment l’analyse de sédiments du fond du lac, tirés à l'aide d'un appareil de forage (on parle ainsi de paléo-limnologie).

Parmi les principaux résultats observés sur Gérardmer et Longemer, une première augmentation importante des apports de matières organiques est visible aux alentours de 1700 (première phase d’installation significative d’activité humaine dans les vallées) puis une seconde phase d’augmentation de ces apports encore plus accentuée apparait aux alentours de 1930.
Cette dernière tendance semble toujours d’actualité sur le lac de Longemer alors que pour Gérardmer, grâce aux efforts liés à la mise aux normes de l’assainissement, la tendance pourrait s’inverser.

Seule une dizaine de lacs en France ont fait l’objet d’une telle étude.

Une concertation des acteurs des territoires (élus, acteurs économiques, tourisme, associations, citoyens…) est en cours pour porter et transformer cette prise de conscience en actions concrètes afin de retrouver un bon état de santé de ces écosystèmes lacustres.

Retrouvez les résultats de cette étude en ligne sur le portail documentaire de l’agence de l’eau Rhin-Meuse.