Eau et rareté

Enjeux et données

Les prélèvements en eaux superficielles et souterraines

Dans le bassin Rhin-Meuse, les cours d’eau et les eaux souterraines sont sollicitées pour les besoins en eau potable, industriels et, dans une moindre mesure, agricoles.

Des ressources abondantes permettent d’y faire face, à l’exception de quelques situations particulières.

Les prélèvements peuvent avoir une influence lourde sur les débits ou sur le niveau des nappes. Les volumes d’eau prélevés dans le bassin pour l’alimentation en eau et pour l’industrie représentent une part significative des volumes prélevés en France.

EDF est, de loin, le premier consommateur avec 3,5 milliards de m3 d'eau prélevés presque exclusivement dans les rivières. Cette eau sert pour l'essentiel à refroidir les centrales nucléaires ou thermiques: Fessenheim sur le Rhin (Bas-Rhin) (2,5 milliards de m3) Cattenom, Blénod-lès-Pont-à-Mousson et La Maxe sur la Moselle (Moselle) (0,8 milliards de m3), Chooz sur la Meuse (Ardennes) (0,2 milliards de m3).
La plus grande partie de cette eau est rejetée au milieu naturel après utilisation.
Les prélèvements industriels, hors énergie, représentent aussi une part importante des prélèvements en eaux de surface. Plus des 3/4 de ces prélèvements sont faits par les 10 plus gros consommateurs.
L’essentiel des prélèvements pour l’alimentation en eau des populations du bassin est assuré à partir des eaux souterraines. Les prélèvements en eaux de surface sont moindres que ceux des industriels et ne concernent qu’une vingtaine de collectivités.
Les prélèvements agricoles sont très disséminés et peu importants, mais ces volumes sont presque totalement consommés. En eaux de surface, ces prélèvements concernent de petits ruisseaux en plaine d’Alsace. Ils peuvent donc entraîner des problèmes de débits à l’étiage. La nappe d’Alsace est de loin la nappe d’eau souterraine la plus sollicitée. En Lorraine, c’est l’aquifère des Grès du trias. La surexploitation de cette nappe est une préoccupation forte dans la partie sud.

La réduction de la consommation et la lutte contre les fuites des réseaux d’eau potable

Dans le bassin Rhin-Meuse, 360 millions de m3 d’eau sont prélevés tous les ans par les collectivités. Les réseaux de distribution d’eau potable (38 000 kilomètres) présentent des pertes de 25% en moyenne. Ces pertes peuvent atteindre plus de 50% par endroit. Estimées dans le bassin à environ 100 millions de m3 par an au total, elles correspondent à la consommation annuelle cumulée des villes de Strasbourg, Nancy et Metz.

La diminution des pertes en eau au niveau des réseaux constitue donc un gisement de ressource en eau et in fine de réduction des coûts.

Les facteurs de risque de fuites dans les réseaux de distribution d’eau potable sont multiples (conditions de pose, nature du terrain, qualité de l’eau, âge des conduites, environnement du réseau, branchement...). Ces fuites vont de quelques mètres cube par jour et par kilomètre de réseau à près de 15.

La perte caractérisée par l’écart entre les volumes mis en distribution et les volumes facturés (apprécié par le rendement dit « primaire ») provient aussi des quantités consommées sans comptage et non facturées (lutte contre les incendies, eaux de lavage du domaine public...).

Dans le bassin Rhin-Meuse, on estime que le rendement primaire moyen des réseaux de distribution d’eau potable est de l’ordre de 65 à 75%, ce qui est perfectible en regard d’un objectif affiché de 15% de pertes dans les grands réseaux urbains.

Les collectivités dont les réseaux d'eau potable perdent trop d'eau sont dorénavant susceptibles de subir une majoration de leur redevance de prélèvement. Afin de les accompagner dans l'amélioration des rendements de leur réseau, l'agence de l'eau Rhin-Meuse peut leur apporter un soutien technique et financier.

Les démarches de lutte contre les fuites sont à encourager là où existe un enjeu en termes de préservation de la ressource en eau.

Changement climatique : quels impacts pour l’eau ?

Un accroissement de l’évapotranspiration et l’incertitude sur le régime futur des précipitations pourrait étendre à de nouveaux secteurs et territoires les zones de tension et de vulnérabilité de la ressource en eau ; certaines zones étant déjà concernées par des enjeux de gestion quantitative de la ressource en eau du fait de prélèvements en eau importants.

Si la distribution des précipitations est modifiée au cours de l'année, cela pourra conduire à des hivers plus humides, donc à des phénomènes de crues accentués, et à des étés plus secs, ce qui pourrait accroître la concurrence entre les différents usages de l'eau, domestiques et économiques.

Des mesures significatives d’économies d’eau peuvent aujourd’hui apparaître comme secondaires dans les districts du Rhin et de la Meuse, qui comptent globalement des ressources en eau abondantes. Mais cette manne pourrait être moins généreuse d’ici une vingtaine d’années. La question de la haute performance des réseaux de distribution de l’eau et de la gestion rigoureuse des prélèvements se pose dès à présent pour l’avenir.

Qui dit davantage de basses eaux dit aussi un renforcement des nuisances dues aux pollutions sur la qualité des cours d’eau en raison d’un moindre pouvoir de dilution et du renforcement des phénomènes biologiques (eutrophisation). Les performances des installations d'épuration pourraient être amenées à se renforcer en raison de la vulnérabilité (faiblesse des débits) des milieux récepteurs.

Les nappes sensibles aux nitrates issus des pratiques culturales pourront être victimes d’une minéralisation accrue de l'azote des sols favorable à une augmentation des concentrations.

La biodiversité des écosystèmes aquatiques devrait évoluer avec des communautés animales et végétales «bouleversées» et l’apparition d’espèces moins «désirées»

Les aides de l'agence de l'eau

Avec son 10ème programme d'intervention, l'agence de l'eau encourage les utilisations raisonnables et raisonnées des ressources en eau en tant que ressource durable dans la perspective de l’adaptation au changement climatique .

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