Pourquoi et comment mesurer l'état de l'eau et des milieux aquatiques naturels

Contexte règlementaire

« Avec la loi sur l’eau du 3 janvier 1992, les milieux naturels aquatiques, en tant que patrimoine fragile et commun à tous, trouvent leur place dans la politique nationale de l’eau. Celle-ci vise à une gestion globale et équilibrée de l’eau et des milieux aquatiques.

La notion d’état des milieux aquatiques est aussi au cœur de la directive cadre européenne sur l’eau de 2000*, qui engage les pays de l’Union Européenne dans un objectif de reconquête de la qualité de l’eau et des milieux aquatiques. Elle fixe un objectif de bon état des ressources en eau d’ici à 2027, et donc des milieux aquatiques associés pour permettre tous les usages : eau potable, usages économiques, de loisirs, … » source: http://www.eaufrance.fr/spip.php?rubrique16

CeLa surveillance des eaux dans le bassin Rhin-Meuse, c'est :
- Une obligation communautaire (directive-cadre sur l'eau, directive nitrates) mais aussi des démarches volontaires d'acteurs
- Une mise en œuvre partenariale entre l'agence de l'eau, les DREALS, l'ONEMA et le BRGM. Des compléments issus d'acteurs locaux (Conseil départemental du Bas-Rhin, Parc naturel des Vosges du Nord, APRONA)
- Des critères d’évaluation en constante évolution et toujours plus exigeants pour refléter au mieux l’ensemble des causes de dégradation de l’état des eaux
- 687 sites de surveillances pour les rivières et 415 pour les eaux souterraines
- 45 ans de suivi pour certains sites de surveillance
- 7 000 à 10 000 prélèvements par an
- 400 paramètres analysés
- 3 à 4 millions de données récoltées par an et mise à disposition sur le système d'information sur l'eau

=> Des données essentielles pour établir les bilans de qualité des eaux et des stratégies d’action mais aussi pour connaître l'état de santé des milieux aquatiques, des nouvelles pollutions, l'évolution sur le long terme

Comment mesure-t-on l'état des milieux aquatiques ?

L’état des eaux de surface et souterraines est mesuré selon un programme de surveillance défini en décembre 2006 et régulièrement actualisé. Ce programme de surveillance permet de dresser un tableau cohérent et complet de l’état des eaux.
Son cadre est défini par la directive cadre sur l’eau et fixé par des lignes directrices nationales. Chaque bassin a toutefois la possibilité d’établir sa propre stratégie de surveillance. 
Chaque année 1 million d'analyses sont réalisées sur les cours d’eau du bassin Rhin-Meuse à partir des prélèvements d'eau effectués sur 400 sites de surveillance. Les eaux souterraines font l'objet d’investigations tout aussi approfondies sur 500 sites de surveillance.

Les différents réseaux de surveillance

Le socle du dispositif de surveillance de la qualité des eaux de surface (cours d’eau, plans d’eau) et souterraines est constitué des réseaux requis par les directives européennes, directive cadre sur l’eau (DCE) et directive nitrates, dont trois sont communs aux eaux de surface et aux eaux souterraines :
- Le contrôle de surveillance (RCS) a un objectif de connaissance patrimoniale ;
- Le contrôle opérationnel (RCO) est destiné aux suivis des causes de perturbations du milieu et de l’efficacité des mesures (actions) ;
- Le réseau répondant aux dispositions de la directive « nitrates ».

Trois réseaux supplémentaires sont requis par la DCE pour les eaux de surface :
- Le contrôle additionnel renforce le suivi des masses d’eau superficielle en lien avec des zones protégées ;
- Le contrôle d’enquête lorsque la raison d’une dégradation est inconnue ;
- Le réseau de référence pour établir les conditions de référence de l’état écologique des cours d’eau.

Pour les cours d’eau, des compléments sont apportés par ailleurs pour répondre aux engagements pris d’une part dans le cadre des trois commissions internationales (Rhin, Moselle et Sarre, Meuse) et d’autre part dans le cadre du plan d'action national PCB.

Enfin, tant pour les eaux de surface que pour les eaux souterraines, différents dispositifs de surveillance sont mis en oeuvre pour répondre aux besoins de connaissances complémentaires à celles obtenues par les réseaux DCE et utiles à la gestion de l’eau au niveau du bassin pour piloter les politiques d’actions ou à une échelle plus locale dans des sous-bassins présentant des problèmes spécifiques de gestion :

- Quatre réseaux complémentaires de surveillance de la qualité des cours d’eau. Ces réseaux répondent à des besoins de maintien d’un suivi à long terme de la qualité de l’eau, au suivi de pollutions spécifiques comme les pesticides, à la surveillance de l’état des eaux en période de sécheresse ou à celle de l’évolution de l’état des cours d’eau dans les bassins miniers ;

- Quatre réseaux ou dispositifs de surveillance de la qualité des eaux souterraines. Il s’agit des inventaires régionaux permettant d’obtenir une photographie détaillée de l’état des eaux souterraines, du réseau mis en place pour la surveillance de la qualité des eaux au droit des captages signalés dans le SDAGE, de celui permettant de surveiller la qualité des eaux souterraines du Bassin Ferrifère Lorrain et enfin du dispositif de suivi de la qualité en aval d’installations industrielles ou minières.