2 février, journée mondiale des zones humides

Marais, tourbières, prairies humides, lagunes, mangroves… entre terre et eau, les milieux humides présentent de multiples facettes et se caractérisent par une biodiversité exceptionnelle. Ils abritent en effet de nombreuses espèces végétales et animales. Par leurs différentes fonctions, ils jouent un rôle primordial dans la régulation de la ressource en eau, l’épuration et la prévention des crues. Ces milieux sont aujourd'hui mis à l'honneur à l'occasion de la journée mondiale des zones humides, célébrée chaque année le 2 février.

Zones humides ? Qu'est-ce que c'est exactement ?

Au sens de la loi sur l’eau de 1992, les zones humides sont définies comme suit : « on entend par zones humides les terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année ».

Trois critères permettent donc d’identifier une zone humide : la présence d’eau, et/ou la présence d’une végétation hygrophile (qui aime l’eau) et/ou la présence de sols hydromorphes (présentant des caractéristiques liées à un engorgement temporaire ou permanent).

Qu’elles soient remarquables ou ordinaires, ces zones humides présentent une très grande diversité en termes de surface, de fréquence et de durée de submersion, mais aussi d’ « organisation » (zones humides ponctuelles et localisées, ou milieux humides en mosaïque avec d’autres habitats).

Les milieux humides de France métropolitaine comme les tourbières, les landes, les prairies et forêts humides, les mares ou encore les marais asséchés et mouillés … couvrent environ 1,8 million d’hectares, soit 3% du territoire

Et dans le bassin Rhin-Meuse ?

Le bassin Rhin-Meuse compte 200 000 hectares de zones humides dites remarquables auxquelles s'ajoutent les zones humides ordinaires. Différents types de zones humides le parsèment : mares, marais, étangs, tourbières…
Mais quelles différences ?
Les marais se caractérisent par un sol en permanence gorgé d’eau. Ils sont recouverts par une couche d’eau stagnante, pouvant s’assécher l’été.
Souvent d’origine humaine, les mares sont généralement de petite taille (jusqu’à 5 000 m²), ne dépassant guère 2 m de profondeur.
Les étangs se caractérisent par une étendue et une profondeur plus importantes. Leurs eaux ne sont pas stratifiées à la différence d’un lac. Les étangs peuvent être bordés de végétation herbacée comme les roselières.
Les tourbières tirent leur origine de l’accumulation sur une longue période de matière organique provenant d’organismes incomplètement décomposés du fait des conditions anaérobies (milieux sans dioxygène).

En quoi sont-elles utiles ?

Trois fonctions majeures peuvent être identifiées :

  • Fonctions hydrologiques : les milieux humides sont des « éponges naturelles » qui reçoivent de l’eau, la stockent et la restituent.
  • Fonctions physiques et biogéochimiques : elles sont aussi des « filtres naturels », les "reins" des bassins versants qui reçoivent des matières minérales et organiques, les emmagasinent, les transforment et/ou les retournent à l'environnement.
  • Fonctions écologiques : Les conditions hydrologiques et chimiques permettent un développement extraordinaire de la vie dans les milieux humides.

En plus de leurs fonctions physiques, les zones humides participent au bien être de la société avec leur vocation touristiques, pédagogique et/ou apaisante lorsqu'elles se trouvent en milieu urbain.

Le saviez-vous ?


Les milieux humides abritent d’innombrables espèces de plantes et d’animaux : 50% des espèces d’oiseaux en dépendent ; ils sont indispensables à la reproduction des batraciens et la plupart des espèces de poissons ; 30% des espèces végétales remarquables et menacées en France y sont inféodées. (photo AERM/L.Bertau)

Pourquoi faut-il les protéger ?

Au niveau national, on estime qu’au moins deux tiers des surfaces totales de zones humides ont disparu au cours du 20ème siècle. Sur le bassin Rhin-Meuse, 20% des surfaces de marais et de tourbières subsistant début 1990 ont été depuis dégradées ou détruites, alors que ces zones humides sont les moins menacées.
Les activités humaines sont à l’origine de la régression des milieux humides. L’urbanisation, le développement d’infrastructures et d’autres aménagements lourds se traduisent par la disparition de bien des milieux humides. Certaines activités ont des effets plus progressifs ou plus complexes : perturbation de l’alimentation en eau des milieux à cause des équipements fluviaux, drainage à finalité agricole, introduction d’espèces exotiques envahissantes...
Bien d’autres menaces pèsent sur les milieux humides, parfois sans que l’on en perçoive bien la portée, comme la pollution des eaux ou le réchauffement climatique.

Quelle action de l'agence de l'eau ?

Le plan de gestion des eaux du bassin Rhin-Meuse a identifié des zones dites remarquables dans le bassin Rhin-Meuse. Elles constituent autant de priorités d’actions pour la préservation. Elles représentent 35 000 ha, soit de l’ordre de 4,2% de la surface du bassin réparties en :

  • 40% de forêts humides ;
  • 35% de prairies humides ;
  • 18% d’étangs et mares ;
  • 6% de marais et de tourbières.

Depuis une dizaine d'année, l’agence de l’eau Rhin-Meuse a accompagné financièrement la préservation/restauration de plus de 4 000 hectares de zones humides. Les porteurs de projet sont le monde associatif et les collectivités.
Elle a notamment lié de nombreux partenariats avec les conservatoires des espaces naturels qui interviennent en faveur de la connaissance de la nature, la protection des espaces naturels et des espèces, la gestion des sites protégés et la valorisation des espaces naturels.

La révision de son 10ème programme d'intervention marque une ambition encore plus forte avec un soutien élargi à la restauration des milieux aquatiques : ouverture des aides aux particuliers, augmentation jusqu’à 100% du taux maximum d’aide pour les travaux de restauration des zones humides ou d’effacement d’ouvrages, aide aux études relatives à la maîtrise d’ouvrage (GEMAPI).

En ville aussi !


Les enjeux de la préservation et de la valorisation des zones humides en milieu urbanisé sont multiples, mais insuffisamment connus ou pris en compte : valeur patrimoniale, participation à la préservation et restauration de la biodiversité, protection de la ressource en eau, gestion des inondations, activités économiques (maraîchage de proximité), sociales, culturelles, etc. On estime qu’un hectare de zone humide permet d’économiser entre 37 et 617 euros par an au titre de la lutte contre les inondations et jusqu’à 11300 euros par an pour ce qui est de l’épuration de l’eau. (photo AERM/N.Leblanc)

Le saviez-vous ?

51% des français pensent que la préservation de tous les milieux aquatiques est l'enjeu le plus important dans le domaine de l'eau. Baromètre 2015 sur l’opinion des «Français et l’eau»

Concours photo

Vous aussi, faites découvrir les zones humides près de chez vous en participant au concours photo organisé par l'agence de l'eau Rhin-Meuse et les conservatoires d'espaces naturels.

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Photos AERM/N.Leblanc